Esprit du site
Moteur de recherche
Recherche d'article par auteur
Pedagopsy.eu
Recherche de livres par motsclefs
Plan du site
L'auteur

PLAN DU SITE

 

Les stratégies de coping

COMBATTRE, FUIR OU SUBIR ?

Anne JOLLY

http://www.anne-jolly.com

             L'analyse du discours des enseignants révèle trois grands facteurs de stress auxquels il a fallu opposer des stratégies de coping variées :le stresseur initial, c'est-à-dire l'agression de l'élève,et deux stresseurs additionnels éventuels, qui sont le manque de soutien social, notamment de la part de la hiérarchie, et la symptomatologie traumatique subséquente à l'agression, dont les manifestations peuvent gêner ou inquiéter l'enseignant.

             Alors que ces stresseurs s'intègrent au sein d'un même épisode, il peut sembler arbitraire d'associer une stratégie de coping à l'un d'eux en particulier. Néanmoins, ces stresseurs engendrent des stratégies de coping qui, de par la manière dont elles s'expriment, deviennent spécifiques.

- LES STRATEGIES DE COPING OPPOSEES A L'AGRESSION

- LES STRATEGIES DE COPING OPPOSEES AU MANQUE DE SOUTIEN REÇU

- LES STRATEGIES DE COPING OPPOSEES A LA SYMPTOMATOLOGIE TRAUMATIQUE

 
LES STRATEGIES DE COPING OPPOSEES A L'AGRESSION

             Il est extrêmement rare que l'agression survienne sans qu'un différend ait déjà à plus ou moins long terme opposé l'enseignant et l'élève. L'indiscipline (chahut, insolence, refus de travailler, etc.) est un prélude quasiment systématique à tous les cas présentés, qu'elle se soit manifestée le jour de l'agression et/ou par le passé. Des prises de position autoritaires, des discussions compréhensives, des remontrances et des sanctions ont donc souvent précédé l'agressions'`. Malgré ces antécédents ou ces prémices, tous les enseignants sont surpris par le passage à l'acte.

- Les stratégies de pré- et péri-confrontation

             Lorsque l'élève devient difficile à gérer, lorsqu'il renie les règles, lorsqu'il décide de tenir tête, lorsqu'enfin il refuse simplement de jouer le jeu de l'école, l'enseignant adopte un rôle composite où dominent autorité et fermeté, et auxquelles s'adjoignent ponctuellement tolérance et douceur. Pour douze enseignants, l'agression survient au cours d'un épisode de ce type où chacun reste sur ses positions.

-Attitude d'apaisement

             La lutte commence parfois en douceur pour enjoindre l'élève à adopter de meilleures dispositions ou dans l'indifférence apparente pour éviter l'affrontement direct.

« Je dis "Qu'est-ce qu'il y a qui ne vas pas ? On va essayer d'en parler ? Viens à côté, on va en parler. Ca ne regarde pas tes camarades, tu m'en parles à moi toute seule et puis on essaye de voir, hein !" » (Solange) , ..., « Je cherchais. Je me disais "Que pourrais-je lui dire qui pourrait l'apaiser ?". Je cherchais mais plus je cherchais moins je trouvais parce que plus je cherchais plus elle devenait agressive. Quand j'ai vu que j'avais épuisé tout mon vocabulaire pour la calmer, je me suis dit "Bon, c'est tout, ce n'est plus la peine" » (Solange) ;...

-Attitude autoritaire

             Lorsque l'enseignant perd patience ou n'a d'emblée pas envie d'être patient le style est plus injonctif, plus intransigeant et plus agressif. L'objectif est de garder le contrôle de la situation, c'est-à-dire de pouvoir continuer à faire cours convenablement et de ne pas perdre la face visà-vis des élèves.

« Je ne voulais pas céder. Je ne voulais pas céder parce qu'à mon avis si j'avais cédé là, j'aurais montré que j'avais peur » (Sabine) ; « J'ai pas accepté. Je me suis dit "C'est pas une petite... un petit machin comme ça qui va quand même me mettre la révolution dans la classe" » (Adeline).

             L'enseignant s'oppose verbalement ou physiquement, donne des ordres, élève le ton, réprimande, sanctionne, change de place, renvoie de cours, menace... Les premières formules de politesse disparaissent.

« J'ai dit "Tu viens t'installer ici et la casquette tu l'enlèves". "Maintenant, ça suffit ! La casquette tu me la donnes, tu la mets à la poubelle, et tu viens t'installer là" » (Renaud) ; « Je l'ai changée de place, elle ne voulait pas. J'ai dû lui dire "Je vous préviens, si vous ne changez pas de place, je vous prends par la peau du cou et je vous y emmène de force". Je criais, hein ! Et puis j'ai dû l'envoyer en étude parce qu'elle n'avait pas son matériel » (Andrée) ; « Je lui ai dit "Tu restes là. Tu attends et tu sors en dernier puisque tu n'as rien fait de l'heure. Il a fallu que je m'interpose entre lui et la porte, que doucement je le repousse vers l'intérieur » (Sabine) ; « Je lui ai dit "Tu travailles !". "Puisque tu ne veux plus travailler, tu vas aller te mettre prés de la fenêtre, comme ça tu ne gêneras pas tes camarades et tu ne fais rien". "Tais toi !". Je lui ai dit, je lui ai répété "Tais toi ! Ici, c'est moi qui décide" » (Solange) ; « Je lui dis "Ecoute garçon, ici t'es sur un lieu privé. C'est une école. T'as pas le droit de franchir les limites du terrain. Si tu les franchis, j'appelle la police" » (Florient) ;...

             Le contact physique est parfois utilisé pour appuyer une parole et convaincre un élève d'obéir. Cinq enseignants y ont eu recours, rarement d'emblée et plus souvent comme une alternative à toutes les actions précédentes. Pour quatre d'entre eux, ce geste a été le point de départ d'une réplique violente et physique de l'élève.

«Je lui ai mis la main sur l'épaule et la gamine m'a shooté dedans » (Agnès) ; « J'ai dû mettre ma main sur la poitrine de celui qui était le plus proche de moi, les autres étant derrière. Ce qui fait qu'en poussant le premier, j'ai poussé tous les autres vers l'extérieur » (Eric) ; ...« Je la prends par l'épaule. Elle n'a pas du tout apprécié parce que, j'avais une écharpe autour du cou, elle s'est agrippée à mon écharpe et elle m'a serrée le cou » (Martine).

             Le danger que représente cette immixtion dans l'espace personnel de l'élève est ressenti parfois par l'enseignant :

« Je l'ai prise vraiment par l'épaule. Et j'ai même fait un truc que je ne fais jamais. J'étais excédée, complètement excédée. Je l'ai prise et je l'ai tirée par sa natte. C'est pas très glorieux. Je me disais "Tu te calmes, tu te calmes. Ce n'est pas dramatique, tu vas t'en sortir. Arrête, c'est dangereux ce que tu fais. Tu la touches pas, tu la touches pas » (Adeline).

             Dans le cas présent, cette conscience du risque est peut-être ce qui a permis que la situation ne dégénère pas comme dans les quatre situations précédentes. Une autre façon de s'immiscer consiste à s'emparer des affaires personnelles des élèves, ce qu'ils n'apprécient guère davantage :

« J'ai pris son cartable, je l'ai mis au fond de la classe. Elle l'a repris. J'ai repris son cartable, je l'ai mis derrière. [...] J'ai pris la bouteille de force, je l'ai posée sur le bureau. Elle est venue la rechercher» (Adeline) ; « Je prends la casquette de force et je la mets à la poubelle » (Renaud)...

 

-Recherche d'un appui extérieur

             Lors de ces prémices, la recherche de soutien social est relativement rare. Elle consiste à faire appel à un administratif (Chef d'établissement, Adjoint ou Conseiller d'éducation) ou aux parents de l'élève, généralement la mère.

« J'ai mis un mot pour la mère » (Adeline) ; « J'ai écrit un mot sur le carnet pour voir sa mère. [...] Le numéro de téléphone qui avait été donné à l'établissement était faux. J'avais demandé à la Principale de convoquer la maman. [...] On a eu un entretien, lui, moi et la Conseillère Principale d'Education » (Ela) ;...

-Agressions itératives

             Les agressions qui prennent la forme d'un harcèlement ne diffèrent pas fondamentalement des agressions aiguës. On retrouve les mêmes attitudes compréhensives et douces visant à apaiser la relation et à éviter toute surenchère.

« Je lui ai dit "Ecoute, on est là pour t'aider". Je lui ai dit que souvent je faisais des groupes de deux élèves qui s'entraidaient... Il a continué et puis alors j'ai fait celle qui n'entendait pas parce qu'au bout d'un moment... [...] Je lui ai dit "Mais pourquoi tu m'agresses ? Est-ce que je te rappelle quelqu'un ?". "C'est quoi ? Mes cheveux ? Mon visage ?" » (Ela) , ...

             On retrouve également les mêmes attitudes d'opposition plus agressives visant à mettre un terme à la conduite de l'élève.

« J'ai refusé. Je disais que non, ce n'était pas possible, que je ne faisais pas la bise aux élèves et qu'il n'en était pas question. Lui, s'obstinait et moi, je disais "Non, impossible" » (Sylvie) ; ...; « Parfois pour prendre mes distances, je répétais ses paroles. Je savais que quand je voulais le faire taire, il suffisait que je reprenne trois mots comme ça sur le même ton agressif et avec le même accent, et alors là il explosait et il finissait par se taire » (Hervé).

             La différence entre les agressions aiguës et les conduites de harcèlement réside essentiellement dans le fait que pour ces dernières les stratégies ont davantage le temps de s'entremêler et de se succéder les unes aux autres selon les impatiences du moment.

- Gestion immédiate de l'agression

             Lorsque l'agression est initiée, des réactions plus offensives bien qu'à visée défensives sont engagées, notamment lors de violences physiques

: « Je lui ai mis une gifle. Je lui ai répondu, je me suis pas laissée faire. Je me défendais et j'ai quand même pu lui donner un ou deux coups parce que dans un conflit vous ne gérez pas toujours » (Agnès) ; « Malheureusement pour moi, je le prends, je le retourne, je le mets par terre et je le mets hors d'atteinte » (Florient) ; « Je lui ai filé une claque. La seule réaction que j'ai eu, c'était d'essayer de me protéger » (Martine) ; « Je lui ai dit "Non, c'est toi la grosse pute" » (Aude).

             A côté de ces contre-attaques qui laissent un sentiment de plus ou moins grande culpabilité à l'enseignant, s'observent les classiques réponses autoritaires, telles que l'intimidation ou l'exclusion

...« D'insulte en insulte, j'ai dit "Maintenant ça suffit. On va appeler le Principal parce que j'estime que tu dépasses les limites" » (Solange) ; « J'ai mis mes lunettes dans la poche et j'ai dit "Vas-y ! Si c'est ça que tu veux, ok ! Comme ça, moi j'aurai un arrêt, toi on te fichera dehors et le problème sera réglé" » (Gilles).

             Enfin, il y a ceux qui prennent le large et mettent de la distance entre eux et les élèves, soit dans un mouvement de fuite qui témoigne de leur impuissance soit dans un mouvement d'opposition qui témoigne de leur volonté à se positionner :

« Je suis parti très vite parce que le collège était vraiment en ébullition. Je me suis dit "Il faut pas que je reste là parce que sinon là vraiment ça va dégénérer. Et là ça va très mal se passer" » (Renaud) ; « J'ai envoyé un délégué chercher un Conseiller d'éducation. J'ai rien dit. Je me suis tu jusqu'à son arrivée. J'ai arrêté le cours » (Marc) ; « J'ai dit "Je vous avais prévenu que je n'accepterais pas que vous vous en preniez à ma personne et je n'accepte pas. Dans ces conditions là, j'arrête le cours. Je suis très déçue que vous ayez pu faire ça et je m'en vais » (Odile) ,...

             Les émotions s'expriment parfois avec violence au moment de la confrontation ou dans les minutes qui suivent, à travers notamment les crises de larmes et les explosions de colère :

«Je pleurais, hein ! J'étais sur le côté, j'étais complètement effondrée » (Agnès) ; « J'explosais. J'étais... mais en colère ! J'éclatais. Je criais "Mais c'est pas vrai ! C'est incroyable une accusation pareille !". [Après quelques instants] j'ai pleuré, hein ! Devant mes collègues, j'ai craqué » (Andrée) ; « J'étais très très en colère. J'ai crié "Tu m'égorges, tu m'égorges ?! Ca va pas la tête !". J'étais furieuse. Un mélange de colère et d'indignation. De refus aussi, d'entendre ce genre de chose » (Sabine).

 
Les stratégies de post-confrontation

             Néanmoins, il y a chez la plupart de ces enseignants une volonté de se battre et de ne pas se laisser dépasser par des événements aux accents extraordinaires. Ils combattent, parfois audelà de leurs possibilités psychiques et physiques :

« Je voulais tenir. Je voulais tenir jusqu'à ce que l'Inspecteur d'Académie vienne. J'ai voulu tenir. J'ai voulu que mes collègues soient informés. J'ai voulu qu'ils réagissent. J'ai voulu être là pour prévenir les élèves, pour qu'ils travaillent avec leur remplaçante comme avec moi. J'essayais fiévreusement de faire avancer les choses, de communiquer, de mobiliser mes collègues, d'informer les pouvoirs publics... » (Catherine-2) ;... « J'ai tenu le coup. Et j'ai dû m'arrêter parce que j'étais complètement au bout du rouleau. J'ai craqué. J'avais plus que cette solution là » (Ingrid).

-Recherche de soutien social

             La prédominance de « la recherche de soutien social » dont témoignent les résultats au questionnaire de coping (Paulhan & al., 1994) se confirme dans les entretiens.

             L'enseignant agressé n'a pas besoin d'être plaint. En revanche, il a besoin que sa détresse soit entendue et comprise. Sans doute a-t-il besoin aussi de formuler les choses pour s'assurer de leur anormalité dans la réaction de celui auquel il se confie. L'enseignant se tourne rapidement vers ses proches pour recevoir l'appui émotionnel et les conseils dont il a besoin.

« J'ai téléphoné à ma famille pour me faire remonter, etc. Tout de suite. C'est mon refuge. Ca, c'est mon côté régressif » (Agnès) ; «J'ai éprouvé le besoin de raconter la scène plusieurs fois à des gens différents. Je pense que toute chose qui t'a marquée, t'éprouves le besoin d'en parler à quelqu'un. Je pense que t'as pas envie de garder ça pour toi. Ca parait important de le dire » (Sylvie) ; ...« J'en parlais tout le temps. A chaque fois que je téléphonais il fallait que je raconte tout. J'étais tout le temps en train d'en reparler » (Martine).

             Néanmoins, il existe un frein puissant aux confidences et aux épanchements. Certains conjoints notamment, suscitent la certitude quasiment absolue chez l'enseignant de se voir reprocher une attitude trop conciliante et génératrice de difficultés dans les relations avec les jeunes. Certains d'être au pire critiqués et au mieux incompris, ce n'est pas auprès de leur conjoint qu'ils cherchent à être épaulés et ils trouvent ailleurs le soutien dont ils ont besoin (cf. le chapitre précédent sur le soutien social). La crainte d'inquiéter retient également la parole, notamment à l'égard des parents qui ont déjà atteint un certain âge :

« Au départ mes parents je ne les ai pas trop mis au courant, parce que j'estime que maintenant ils ont leurs soucis, ils ont leur âge, et donc c'est aussi à nous de gérer un petit peu nos problèmes » (Agnès) ;... « J'en ai pas parlé à ma famille pendant très longtemps. Je ne voulais pas que ma mère en entende parler. Parce que d'abord elle est vieille, elle est cardiaque, elle a tendance à se faire une montagne de tout. En plus de ça, elle est assez critique vis-à-vis de moi et de mon mode de vie. Donc, je ne veux pas qu'elle le sache » (Aude).

             Tout comme les proches, les collègues sont recherchés pour le soutien émotionnel qu'ils sont susceptibles d'apporter. Quelques conseils ou demandes implicites d'actions collectives de protestation peuvent être sollicités, mais il s'agit avant toute chose d'accepter leur sympathie et leur compréhension. C'est souvent sous le choc encore de ce qu'il vient de vivre que l'enseignant agressé se confie à ses collègues. Le contexte explique cela très simplement : ne serait-ce qu'en salle des professeurs par exemple, il y a toujours quelqu'un de disponible à qui parler.

« J'ai rencontré deux collègues dans le couloir : "Je viens de me faire menacer de mort" » (Sabine) ; « Je suis allée en salle des professeurs. J'ai éclaté en sanglots. Je leur ai montré la lettre, je leur ai dit "Voilà le problème qui m'arrive" » (Andrée) ; « J'étais là dans la salle des profs, un peu hébétée à raconter ce qui m'était arrivé » (Odile) ;...

             Néanmoins, il y a quand même une certaine réserve possible lorsque l'émotion parvient à être contenue. Lorsqu'on a le choix, on ne se confie pas à n'importe quel collègue. L'évaluation qui précède l'acte détermine les individus les plus à même d'apporter un soutien effectif et sincère.

« J'en ai parlé après avec d'autres profs, notamment avec le prof principal de la classe. Je lui ai dit "Ecoute, je sais pas ce qui se passe... Je vais voir la maman là tout de suite, est-ce que tu veux venir avec moi ?". Alors, comme il me connaît, il sait que je suis quelqu'un de sérieux, je lui en ai parlé très franchement. Je vous avoue que avec certains profs, si ça avait été quelqu'un d'autre, je ne sais pas si je lui aurais dit, si je lui aurais raconté la scène. J'aurais peut-être demandé "Tiens, est-ce que toi avec untel, t'as déjà eu des problèmes ?". Bon ! Parce que c'est toujours aussi difficile de dire qu'on a eu un gros gros problème avec un élève, quoi » (Adeline) ;...

             En revanche, la recherche de soutien social auprès de la hiérarchie est plus pragmatique et relève pour une grande part d'une certaine forme de « résolution de problème ». Le chef d'établissement est l'appui sur lequel se repose très souvent l'enseignant. Sans que les demandes soient toujours très explicites, il est attendu sur un certain nombre de points : il doit se montrer attentif et compréhensif (paroles réconfortantes et chaleureuses), il doit renforcer l'enseignant dans sa fonction et ses compétences (approbation et encouragements), il doit faire preuve d'une aide matérielle tangible (identification des agresseurs, dépôt de plainte solidaire, démarches administratives, sanctions, etc.), et enfin, il doit conseiller et fournir toute information pertinente à l'intéressé (personnes à contacter : DRH, assistante sociale..., informations sur l'agresseur, etc.).

             Finalement, il se doit d'agir tant sur les émotions ressenties que sur l'acte violent lui-même. Il doit montrer dans ses paroles et dans ses actes que ce que l'enseignant a vécu est anormal et intolérable.

...; « Le proviseur m'a dit "Estce que vous acceptez qu'on voit la maman T'. Je dis "Oui. Mais à une condition, que vous soyez présent. Je ne veux pas qu'il y ait des choses trop graves dites contre moi car je ne sais pas jusqu'où peut aller la violence maintenant" » (Andrée) ;...« J'ai cherché à voir le Proviseur pour savoir s'il portait plainte de manière solidaire » (Eric) ;

..            .Une personne qui sollicite son entourage a plus de chance d'obtenir ce qu'elle désire qu'une personne qui n'exprime pas clairement ses attentes. Réciproquement, une personne qui est entourée de sollicitude osera peut-être davantage exprimer ses attentes qu'une personne qui se sent isolée. ...

• Recherche d'informations

             Relevant autant de la stratégie de résolution de problème que de la recherche de soutien social, des interventions sont également menées auprès des personnes présentes sur le lieu de l'agression, essentiellement des élèves, pour éclaircir la situation et recueillir des informations complémentaires. Une des toutes premières recherches d'informations vise
l'identification de l'agresseur lorsque celui-ci est inconnu :

...«L'élève [témoin, qui connaissait ses agresseurs], je l'ai pris et je lui ai demandé de venir, de m'accompagner auprès des conseillères. Je le tenais pour pas qu'il me glisse entre les mains » (Eric) ; « J'ai fait mon enquête. J'ai été voir les voisins. J'ai montré des photos à Madame S. J'ai dû demander peut-être à d'autres gens dans le quartier. Parce que je voulais pas non plus qu'ils aient minimisé ce qu'ils avaient fait, hein ! C'était la vrai enquête policière » (Catherine-1).

             Témoins de l'agression, les élèves sont également invités à témoigner de ce qu'ils ont vu, indépendamment de toute procédure judiciaire :

« Je suis allée voir certains élèves pour qu'ils me fassent un témoignage. [...1 J'essayais au maximum de revoir ce qui s'était passé, de voir où étaient les autres élèves aussi. Parce qu'il y en a qui ont fabulé un maximum. Et donc, j'essayais de voir qui avait bien pu voir ce qui s'était passé, qui était bien placé pour voir » (Martine).

• Dépôt de plainte

             Les enseignants ne se contentent pas de rechercher la sympathie et l'aide d'autrui pour faire face à l'agression, ils se mobilisent directement pour modifier la situation et réguler la tension émotionnelle qu'elle induit.
La première des stratégies utilisées regroupe toutes les actions susceptibles de sanctionner ou de pénaliser l'élève pour l'acte commis. Près de la moitié des enseignants ont porté plainte ou déposé une main courante au commissariat avec, à l'esprit, un sentiment de haine ou une volonté que l'on pourrait presque qualifier de pédagogique d'apprendre au jeune ce qui se fait et ce qui ne se fait pas dans une société. Alors que pour certains, il faut quelques heures ou quelques jours de réflexion pour mûrir leur décision, pour d'autres, c'est une évidence que cet acte soit consigné. Quelques-uns hésitent, craignant des conséquences trop importantes pour l'élève.

« En réfléchissant, je me suis dit "Mais je peux pas laisser. Cette gamine, elle est cinglée. On peut pas laisser passer les choses comme ça". Accepter que des élèves agressent des profs, c'est la porte ouverte à n'importe quoi. Il faut que ce soit su, il faut qu'il y ait des sanctions, il faut pas que ce soit banalisé, il faut pas que ce soit quelque chose de permis avec aucune conséquence. Sinon, les profs, ils ont plus qu'à se faire lyncher et il n'y a plus d'établissement scolaire possible » (Agnès) ; « Evidemment, j'ai filé à la gendarmerie le lendemain » (Renaud) ;...

             Lorsqu'ils ont dans l'intention de porter plainte ou hésitent encore à le faire, les enseignants procèdent par étapes et organisent d'une manière plus ou moins réflexe leurs actes. Ils se rendent d'abord chez le médecin pour faire constater leur état physique et/ou mental

...« Je suis parti voir mon médecin directement. Dire ce qui m'était arrivé et faire constater les impacts que j'avais eu, en sachant très bien que mon intention était d'aller à l'hôpital. Après je suis allé au commissariat », (Eric),

ils s'enquièrent de la démarche à suivre et des conséquences d'un dépôt de plainte

« Le commissaire m'a demandé si je portais plainte. Je lui ai demandé quelles seraient les conséquences pour l'élève », (Monique),

ils se préoccupent des pièces à conviction et des témoins (

« J'ai pris le bâton. Le bâton qui se trouvait en bas des marches. J'ai ramassé ce bâton pour... Je sais pas pourquoi je l'ai ramassé. Je sais pas, il m'a sauté au yeux donc je l'ai ramassé. J'ai vu mes élèves. J'ai demandé qui avait vu et j'ai pris tout le monde, tous ceux qui voulaient », (Eric)

             Enfin, lorsque le dépôt de plainte est enregistré et qu'éventuellement une procédure judiciaire est enclenchée, ils se plient à toutes les lourdeurs administratives que ce geste implique: constitution du dossier, expertises médicales, visites et confrontation chez le juge, etc.

-Sanction directe de l'élève

            
D'autres formes de sanction sont possibles. Il y a celle qui consiste par exemple à mettre entre parenthèse sa fonction enseignante. Andrée décide ainsi d'ignorer l'élève en cours tant que le problème n'est pas réglé :

« Je l'ai ignorée. Quand les élèves faisaient un travail que je corrigeais, je ne venais pas auprès d'elle. Après la rencontre avec la mère, j'ai cessé de l'ignorer parce qu'après je n'avais plus le droit de la laisser de côté. La mère me l'a dit "Vous ignorez ma fille en cours". Je dis "Mais Madame, c'est normal ! C'est normal ! Il y a beaucoup de choses que je lui reproche à votre fille. Et quand les choses seront rétablies, d'accord. Pour le moment, non ! Pas question" ».

             Sur le coup de la colère, elle avait annoncé à l'élève qu'elle ne l'accepterait en cours que lorsqu'elle lui aurait présenté des excuses. Et bien que l'élève ne lui ait jamais présenté ces excuses, elle l'a reprise en cours car elle estimait ne pas avoir le droit de lui refuser son enseignement. Ingrid n'a pas eu les mêmes scrupules et se refuse tout simplement à accepter les élèves en cours : « A la rentrée, j'ai dit "Non, je ne les prends pas. Je ne les prends pas sans excuses". Systématiquement, à chaque heure de cours, je venais, je les appelais par leur nom et je leur demandais "Est-ce que vous me présentez des excuses ?", "Non, on n'a pas d'excuses à présenter", "Dans ces conditions, je ne vous prends pas"». J'ai fini par ne plus prendre du tout la classe ». La lutte est telle qu'elle s'épuise nerveusement et doit s'arrêter « C'était ça ou les reprendre, et je ne les ai pas repris ». L'année suivante, si l'administration lui avait imposée de reprendre cette classe, elle sait qu'elle l'aurait refusée à nouveau. A un autre niveau, Catherine projette de priver tous les élèves de l'établissement de son expérience en demandant sa mutation. « Il faut que je me venge », dit-elle tout en regrettant déjà de ne plus pouvoir accompagner ces enfants en difficultés dont elle s'est toujours occupée.

- Mesures de protection

             Des mesures de protection, souvent préventives, sont également mises en oeuvre. Porter plainte est aussi une façon de se défendre

: « Moi, j'ai pensé qu'il fallait que je porte plainte immédiatement. Pour moi, c'était évident. Ne rien dire, c'est la porte ouverte à ce que ça continue. Ca ne vous laisse pas le choix. Pour moi, un chantage ne laisse pas le choix. En plus la somme était rédhibitoire. Alors déjà ça ! Payer, c'est hors de question. Et y aller sans payer, là moi j'ai la trouille toute seule. Donc, non plus ! Et puis taire les choses, il va continuer. Pourquoi pas, hein ! Il va me harceler, d'une autre façon.» (Catherine-2).

             Deux enseignantes n'ont d'ailleurs pas d'autres intentions lorsqu'elles se rendent au commissariat. Martine n'a pas porté plainte pour sanctionner l'élève mais simplement pour se défendre, l'élève ayant porté plainte contre elle. Prête à retirer sa plainte si l'élève retire la sienne, elle veut juste « que les choses rentrent dans la morale »....

             Lorsqu'il y a eu menace, des mesures simples de protection surviennent et peuvent durer de quelques jours à quelques mois.

« J'osais plus sortir le soir. Je me suis fait mettre un verrou et j'ai retiré mon nom de la sonnette parce que j'avais la trouille. Comme il y avait eu menace de mort et autre, j'avais peur aussi des conséquences » (Agnès) ;... « Mes clés, je les ai pas remises sur la porte. Je les ai mises sur mon trousseau et tout le restant de l'année j'ai fermé mes portes à clés systématiquement. C'était chiant ! C'était chiant ! » (Catherine-1) ; « Tous les matins et tous les après-midi pour garer ma voiture, je la garais le plus loin possible et jamais au même endroit. Ca a duré un mois et après je n'y ai plus pensé » (Martine).

             Dans la même logique, on fuit la présence de l'élève dans la crainte d'une nouvelle manifestation d'agressivité :

« [Lorsqu'elle l'aperçoit] Je l'évite. Je n'irais pas lui dire bonjour. Je me sauve pour pas qu'elle me voit. Je fuis parce que je voudrais pas qu'elle m'agresse, qu'elle m'insulte » (Agnès) ; « J'évitais les lieux où elle pouvait être, où elle pouvait se rendre pour ne pas la rencontrer. Parce que j'avais peur quand même. Peur de cette agressivité qu'elle aurait pu avoir » (Solange) ;...

             Une solution extrême est la demande de mutation. Ce cas de figure se produit lorsque le contexte justifie que l'enseignant puisse ressentir une véritable peur à l'endroit du public d'adolescents qu'il fréquente.

« Au début, je me suis dit "Je vais prendre quinze jours". Au bout de quinze jours "De toute façon ça n'ira pas mieux". Quand j'y suis retourné [deux mois plus tard], là j'ai vu que ça n'allait pas. J'avais peur de ce qui pouvait se reproduire. A la fin de la semaine, je me suis dit "Je reviens plus. C'est pas la peine, j'ai trop peur". En septembre, c'est clair que je repartais pas là-bas » (Marc) ;...

.            ... Lorsque l'agression s'est déroulée en présence d'élèves témoins, l'enseignant peut redouter de perdre toute influence sur ces élèves et instaurer un court débat visant à restaurer une image professionnelle qu'il imagine mise à mal :

« Il y a aussi ce que je fais par rapport au reste de la classe. Comment rétablir la situation pour que moi je sois rétablie dans mon autorité de prof, etc., quoi ! Je ne sais pas si c'est des craintes qui sont fondées mais c'est des choses que je me dis ça : "Je ne représente plus l'autorité parce qu'on peut me jeter des trucs à la figure. Comment rétablir cette autorité ? Tout en restant digne". A la fin de l'heure, je me suis dit "Je ne peux pas lâcher les gamins comme ça. Il faut que je leur parle" » (Adeline)....

- Fuite

             A côté de ces stratégies agissant contre une suite possible à l'agression, figurent un certain nombre d'attitudes visant à discipliner l'émotion qu'elle suscite chez celui qui la subit. Pour autant, l'émotion est loin d'être totalement exclue des mesures considérées ci-dessus. En premier lieu apparaît une série de conduites d'évitement ou de fuite qui se situent dans la lignée des précédentes mais qui ne sont pas liées à un sentiment de danger réellement possible. Plus de la moitié des enseignants y ont d'une manière ou d'une autre recours. Demandées ou accordées, les journées d'arrêt maladie permettent à l'enseignant qui se sent incapable moralement d'affronter ses élèves de se retrouver.

« Je ne pouvais plus bosser. Pendant les dix jours où j'étais arrêtée, je lui ai dit que je ne voyais pas comment je pouvais reprendre, que je me sentais pas capable » (Agnès) ; « J'ai senti que je ne pouvais pas. J'ai senti que je ne pouvais pas continuer parce que j'étais trop bouleversée. C'est ça le problème, c'est que justement ce contrôle là, il n'est plus possible. Il faut un minimum de stabilité émotionnelle. Et, quand on la perd... J'avais des envies de pleurer en cours » (Catherine-2) ; « Je n'en pouvais plus. Je luttais sur tous les fronts » (Hervé).

- Recherche de distraction

             Une autre manière de limiter les émotions négatives consiste à distraire son attention qui a tendance à se focaliser sur l'agression. Dans les premiers temps qui suivent l'agression, les stratégies de distraction sont assez fréquentes. Accaparés par ce qu'ils viennent de vivre, les enseignants tentent de s'occuper le corps et l'esprit. Cette distraction procède soit d'activités de substitution soit d'un effort sur soi-même pour ne plus y penser et vise à modérer les émotions sous-jacentes à l'agression. Les activités de substitution sont plus souvent comportementales que cognitives.

« On tente d'oublier. C'est une forme de fuite. On tente de penser à autre chose, de faire autre chose. J'ai pris mon petit vélo et j'ai été tout défouler. Enfin tenter de tout défouler. En plus, pendant les études de musicologie, on fait des séances pour le chant, on pose la voix, on pose le souffle, etc. J'ai des trucs comme ça qui m'aident à prendre un peu de recul. » (Renaud) ;... ; « J'ai écouté de la musique. J'ai pris un livre. J'ai regardé la télé. Je pense que j'ai essayé d'oublier complètement mais j'y arrivais pas. [...] Moi, je me réfugie dans les bouquins. Un bon thriller, un truc avec une énorme énigme ou plusieurs, ça va. Ca me fait du bien » (Ela) ;...« Je pense que j'avais plus envie d'être avec des gens parce que du coup j'y pensais moins. Parce que je me souviens, quand je me retrouvais seule, ça revenait tout le temps. Donc, je préférais être avec des gens » (Sylvie)....

-Réévaluation positive de la situation

.            ..Quelques enseignants témoignent d'une prise de distance avec leurs émotions par l'interprétation avantageuse de leur expérience.

« A la limite, je dirais presque que ça m'a fait du bien. Notamment en cours, j'étais beaucoup plus stricte, claire, je savais où j'allais. Avec les élèves j'étais bien calée, quoi. Il y avait pas de laxisme. Ca m'a obligée de me repositionner. Je trouvais que c'était mieux. Donc, ça c'était favorable. Et puis, dans ma vie personnelle aussi. Je pense que ça m'a fait me poser pas mal de questions, je me suis beaucoup bougée cette année. Donc, à la limite je dirais presque que ça été positif » (Agnès) ;... « Le lendemain, je me suis dit "Aller, il faut retourner travailler et essayer d'oublier ça. Tu vas pas baisser les bras, il y en a d'autres qui t'attendent et qui ont besoin de toi. T'arrête pas à ça !" » (Solange) ; « A un moment donné on se dit "Stop ! T'arrêtes. C'est pas toi qu'est visé directement, la vie continue et mort aux cons". Il y a eu un déclic » (Gilles) ; « C'est bien. Ils ont bien fait de me lancer la trousse. Ca m'a bien décidé à foutre le camp. Je vais m'orienter vers autre chose, puisqu'on m'a proposé un poste de chef d'établissement. Donc quelque part, j'ai un peu envie de dire merci à ces élèves qui quelque part ont été un peu agressifs à mon égard cette année, parce que ça m'a permis de franchir un pas » (Odile) ;

• Culpabilisation

..            .La culpabilité porte sur un acte qui a fait défaut ou sur un acte dont il aurait selon eux mieux valu s'abstenir. Sylvie se reproche de ne pas avoir pris davantage de temps pour parler et entendre l'élève avant qu'il ne l'embrasse. Adeline regrette de ne pas avoir demandé un rendez-vous à la mère de l'élève dès les premières difficultés, ce qui permet souvent de délier les tensions. Florient s'en veut de ne pas avoir compris le danger qu'il encourait et de ne pas avoir averti l'administration dès la première intrusion de l'élève. Monique s'interroge sur ce qu'elle aurait pu faire pour déceler que l'élève allait mal. Odile enfin, regrette de n'avoir pas été assez ferme avec son chef d'établissement pour que des mesures disciplinaires soient prises à l'égard des élèves soupçonnés.

             Sur le versant des actions qu'il aurait fallu éviter, Renaud se culpabilise d'avoir jeté à la poubelle la casquette de son élève et d'avoir ainsi envenimé la situation. Martine s'en veut d'avoir giflé l'élève tandis que celle-ci l'étranglait et de s'être ainsi mise en difficulté vis-à-vis de la justice. Eric ne se pardonne pas d'avoir fait enfler par son acharnement à porter plainte la peine de prison infligée à ses agresseurs. Enfin, Ela se reproche de n'avoir eu d'autre alternative que celle de faire changer l'élève de classe pour se protéger de lui. ...Un individu qui a une mauvaise opinion de lui-même est en effet amené à avoir un regard plus critique que toute autre personne sur ses actions.

-Minimisation et dénégation

             Une autre façon de prendre ses distances avec les émotions que suscite l'agression consiste à en dénier l'importance, à en minimiser l'impact, ou à développer une vision irréelle de la situation ou des solutions à y opposer. Cette solution semble néanmoins très anecdotique parmi l'ensemble des stratégies mises en couvre par les enseignants, peut-être en raison de l'échantillonnage qui repose sur le volontariat.

« La phrase toute bête, c'est la phrase du docteur Coué, hein ! C'est pas compliqué » (Renaud) ; « J'ai essayé de faire comme si le problème n'existait pas, j'ai essayé d'oublier complètement mais j'y arrivais pas. [...] Je me suis sentie tellement salie après que je me suis fait couper les cheveux. Fallait que j'enlève quelque chose de moi » (Ela).

             Une dénégation caractéristique est exprimée par Monique qui n'arrive pas à nommer « agression » le coup de couteau reçu. Elle convient que l'acte est grave et que l'élève doit être sanctionnée pour son geste, mais n'adhère pas à la thèse selon laquelle elle a été agressée. Malgré la préméditation dont a témoigné l'élève, elle considère son geste comme un accident. Elle était simplement sur le passage de l'élève.(p. 233-256)

 

- LES STRATEGIES DE COPING OPPOSEES AU MANQUE DE SOUTIEN REÇU

- LES STRATEGIES DE COPING OPPOSEES A LA SYMPTOMATOLOGIE TRAUMATIQUE

Ces textes sont tirés de la thèse d'Anne JOLLY soutenue le 11 Décembre 2002 à l'Université de Reims. Les choix des parties et les découpages nécessaires sont de ma responsabilité.

Vos  Réactions

Adresse mail facultative

Commentaire

Commentaires

<<la violence à l'école provient à mon sens du laxisme ou de la fuite des responsabilités des parents qui se trouvent être dépassés face à leurs enfants mais aussi et parfois du manque de soutien de l'administration et de la vie scolaire du lycée. Certains prof également à l'intérieur des équipes pédagogiques veulent montrer que c'est le meilleur et donc, n'hésite pas à critiquer le collègue ou à écouter les doléances de l'autre cours sur le "mauvais prof' qu'ils viennent d'avoir. Aussi,dans ces situations, si l'équipe pédagogique n'est pas soudée, on ne peut rien faire. Le cours face à cette violence est important, la gestion des élèves encore plus, sévère, pas trop sévère ? Que faire ? Certains jeunes se retrouvent dans des filières qui ne les intéressent pas, qui n'ont aucun intérêt pour l'école. Aussi, on se retrouve face à quelques élèves qui, de part leur manque de motivation, gênent la classe et l'on se retrouve à des situations explosives voir dangereuses.

Les élèves aussi sentent la moindre faille, problème privé parfois du prof qui rejaillit par une attitude sans que celui ci ne s'en rende compte mais souvent, si c'est possible, des signes donnés par les élèves eux mêmes permettent de redresser la barre rapidement. Tout en état ferme, il faut montrer aux élèves qui est le maitre du cours et le maitre du cours c'est le maitre et donc le prof.A mon sens ce qui n'empêche pas ni le dialogue, ni les discussions, ni prendre deux minutes pour remettre à plat certaines situations. Un jour, j'ai entendu "salope" alors que je refusais d'enlever une retenue à une élève, l'élève revient dans mon cours, s'asseoit. je la nomme et je lui demande de quitter la classe tant qu'elle ne s'est pas excusée, elle quitte le cours et refuse de s'excuser. Au cours suivant, elle revient et sans m'énerver, je la renvoies à la vie scolaire, 1/2 heure après elle revient avec une lettre d'excuses et la cpe me demande "sous réserve de ma décision" de l'accepter en cours.>>

<<J ai eu un immense plaisir a lire soigneusement ces fragments de votre these .Certes vous n avez pas noye votre recherche-action dans le delire discursif ou dans un metalangage creux et pompeux mais la pertinence de votre vision pedagogique est de scenariser cette problematique de la violence et a la faire sentir au prof alors qu il vit cette situation presque quotidiennement .Il se dit : c est vrai .Je vis ce stress . Je suis formateur de formateurs au centre pedagogique a Agadir(Maroc) j a fait travaille mes eleves profs sur vos textes ..le resultat fut extraordinaire .Tout le monde est motive et concerne comme s debattait une cause nationale dans qq pays chauvinistes. Je vous dis merci car vous m avez aide a travailler serieusement a partir d un document qui merite l epithete de SCIENTIFIQUE>>

<<Bonjour je suis étudiante infirmière et je fais un mémoire sur les mécanismes de défenses employés par les infirmiers des services d'urgences. J'aimerais avoir acces a votre bibliographie car je trouve votre travail tres interessant et il y a beaucoup de points communs entre la profession de professeur et celle d'infirmière. Je vous remercie d'avance>>

<<je viens de tomber sur votre thèse et je vous félicite pour votre travail. moi meme j'étais prof et j'ai été agréssée il y aura 10 ans demain et je ne m'en suis jamais remise j'ai été démolie psychologiquement..et mise en retraite à 49 ans. j'aimerai lire votre travail en entier.ou se le procurer? merci de votre réponse evelyse>>

PLAN des parties de la thèse Anne Jolly
L'agression : du stress au traumatisme
LE SOUTIEN SOCIAL
Le coping
Jugements et évaluations
Les réactions Symptomatiques
Le vécu attaché à l'agression
Du milieu professionnel
Des proches
De la société
combattre, fuir ou pâtir
Image de l'élève agresseur
Portrait-robot de
l'élève agresseur

l'enseignant qui a le plus de risque

 

Esprit du site
Moteur de recherche
Recherche d'article par auteur
Pedagopsy.eu
Recherche de livres par motsclefs
Plan du site
L'auteur