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Changements

paradoxes et psychothérapie

P. Watzlawick, J. Weakland, R. Fisch

 

Editions du Seuil ISBN: 2-02-002723-2 (1975)

Dernière de couverture

Comment, dans les relations humaines, les impasses apparaissent-elles ? Qu'est-ce qui fait que, souvent, nos tentatives de provoquer un changement ne fcnt que nous emmurer dans un jeu sans fin ? Car il ne suffit pas de vouloir changer pour qu'une mutation se produise; il y a des changements qui ne sont que sources de la permanence. Dire : « plus ça change, plus c'est la même chose » équivaut, si l'on prend les choses par l'autre bout, à affirmer que ça change quand on s'y attend le moins.

Partant des théories des groupes et des types logiques, les auteurs épinglent ici les impasses du « bon sens ». Un grand nombre de nos difficultés quotidiennes proviennent d'une erreur dans le niveau de changement requis, les solutions habituelles étant généralement appliquées au mauvais niveau et au mauvais moment.

Ce qu'ils découvrent se situe délibérément à la surface : barrer le pourquoi ? — question qui porte sur les causes « profondes » — pour mettre en avant le quoi ? — interrogeant une situation ici-maintenant. Un chemin est frayé dans la forêt des paradoxes humains, qui va de Russell, Wittgenstein et Bateson à Groucho Marx. Entre la logique et l'humour, une thérapie est mise en place qui ne prétend point guérir autre chose que notre rapport présent à autrui.

Les auteurs sont « associés de recherche » au Mental Research Institute de Palo Alto, en Californie.

PAUL WATZLAWICK Docteur en psychologie, reçoit une formation jungienne à Zürich; aux Etats-Unis, il collabore aux travaux de G. Bateson et Don D. Jackson. Auteur principal d'Une logique de la communication.

JOHN WEAKLAND Successivement, ingénieur chimiste, anthropologue et psychothérapeute.

RICHARD FISCH Docteur en médecine, travaille depuis de nombreuses années au Mental Research Institute, où il a créé le Brief Therapy

Table des matières

Avant-propos par Milton H. Erickson

Introduction

1. PERMANENCE ET CHANGEMENT

1. La perspective théorique

2. La perspective pratique

2 LA GENÈSE DES PROBLÈMES

3. « Plus de la même chose s, ou : quand le problème, c'est la solution

4. Les terribles simplifications

5. Le syndrome d'utopie

6. Paradoxes

3 LA RÉSOLUTION DES PROBLÈMES

7. Le changement 2

8. L'art de trouver un nouveau cadre

9. Pratique du changement

10. Illustrations

« Moins de la même chose ». — Rendre explicite l'implicite— Annoncer, au lieu de cacher — Grands effets et petites causes. — Le « coup de Bellac » — Utiliser la résistance— Accusations inattaquables et dénégations sans preuves — Sabotage bienveillant,— Les bienfaits de l'indifférence — Problèmes d'études— La manière d'aborder les utopies — Le a pacte du diable »,

11. Vers de nouveaux horizons

Bibliographie

Un passage

<<La recette consistant à faire "plus de la même chose" est une "solution" qui crée le problème.

Nous estimons qu'on retrouve cette même complication dans un grand nombre de problèmes humains réfractaires, dans les cas où le bon sens porte à opposer son contraire à un fait pénible ou douloureux. Par exemple, rien ne paraît plus raisonnable tant aux parents qu'aux amis, que de « remonter » une personne déprimée. Or, il est fort vraisemblable que la personne déprimée ne s'en sentira pas mieux, mais, au contraire, s'enfoncera un peu plus dans sa tristesse. Voyant cela, les autres redoublent d'efforts pour lui faire voir le bon côté des choses. i Guidés par la « raison » et le « bon sens », ils ne peuvent pas se rendre compte (et le patient ne peut pas dire) que Iëür aide, aü"fond, consiste à exiger que le patient ait certains sentiments (de joie, d'optimisme, etc.) mais pas d'autres (de tristesse, de pessimisme, etc.). Il en résulte qu'au lieu de connaître un épisode, qui, à l'origine, aurait pu n'être qu'un accès passager de tristesse, le patient est maintenant envahi de sentiments d'échec, de dévalorisation et d'ingratitude envers ceux qui l'aiment tant et font tout cela pour l'aider. C'est bien cela qui constitue la dépression, et non pas la tristesse du début.>>p.52 Watzlawick

<<Ceux qui ont du mal à s'endormir (trouble banal, bien qu'irritant que nous connaissons tous), prennent d'habitude des mesures essentiellement semblables et aussi stériles, pour résoudre leur difficulté. L'erreur la plus répandue chez les insomniaques consiste à se forcer à dormir par un acte de volonté — pour découvrir en fin de compte qu'ils restent complètement éveillés. De par sa nature, le sommeil est un phénomène qui survient spontanément, mais ne peut plus être spontané quand il est voulu. Pourtant, c'est ce que fait l'insomniaque dont le désespoir s'accroît avec le tic tac du réveil, et le « traitement » qu'il s'inflige en arrive à devenir sa maladie. Pour lui, « plus de la même chose » peut signifier changer de régime alimentaire, se coucher plus tôt ou plus tard, prendre des somnifères qui créeront une accoutumance : chacune de ces mesures, loin de résoudre son problème, l'exaspère.>> p. 53 Watzlawick

<< Le but de l'intervention de type changement 2 est donc celui ci: Comment peut-on l'empécher de vouloir s'endormir? et non, comme le voudrait le bonsens: Comment le faire dormir?>> p. 108 Watzlawick

<< (la technique du changement 2 consiste à "recadrer") En terme très abstrait, en effet, re-cadrer signifie faire porter l'attention sur une autre appartenance declasse, tout aussi pertinente, d'un mêê objet, ou surtout introduire cette nouvelle appartenance de classe dans le système conceptuel des personnes concernées>> p. 119 Watzlawick

<<A plusieurs égards, cette façon de résoudre les problèmes ressemble à la phiosophie et a a technique du judo où n'arrête pas l'attaque de l'adversaire par une contre-attaque de force au moins égale, mais où on la laisse venir et on l'amplifie en s'effaçant et en l'accompagnant. C'est à quoi l'adversaire ne sattend pas, car il joue un jeu de force contre force, de "plus de la même chose", et selon les règles de ce jeu, compte sur une contre-attaque et non sur un jeu totalement différent.

Le re-cadrage, pour utiliser une fois de p lus le langage de Wittgenstein, n'attire pas l'attention sur quoi que ce soit — ne produit pas de prise de conscience — mais enseigne un nouveau jeu qui rend l'ancien caduc. Le sujet voit « maintenant quelque chose d'autre et ne peut plus continuer naïvement à jouer ». Donnons un exemple. Le pessimiste est habituellement un adepte du « jeu » interpersonnel suivant : il commence à inciter les autres à émettre des opinions optimistes, et, lorsqu'il y a réussi, met leur optimisme au défi, en montrant un pessimisme encore plus accru, ce qui pousse les autres à essayer « plus de la même chose » ou, le cas échéant, à abandonner le jeu ; dans ce cas, le pessimiste a « gagné » une nouvelle manche, à ses propres dépens évidemment. Ce modèle change complètement au moment où l'autre devient plus pessimiste que le pessimiste lui-même. Leur interaction cesse alors d'être un cas de « plus ça change, plus c'est la même chose, », puisque l'élément du groupe (le pessimisme) n'est plus composé avec son inverse ou symétrique (l'optimisme) ; ce qui main-tiendrait l'invariance du groupe selon la quatrième propriété des groupes. Au contraire, il y a production de changement 2 par l'introduction d'une « règle de composition » tout à fait nouvelle. Pour arriver à ce résultat, on utilise le « langage » propre du pessimiste, c'est-à-dire son pessimisme.>> p. 126 Watzlawick

 

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